Planter une fleur

A la fin de l’été, j’ai rempoté mes plantes. J’ai vidé la vieille terre, mis du terreau frais dans les pots et planté quelques fleurs dans de nouveaux pots. J’ai séparé quelques plantes dont les branches s’étaient emmêlées et les ai plantées séparément afin qu’elles aient plus de place pour grandir. Pendant cette opération, je pensais à ces pauvres fleurs qui ne savent pas que ce qui peut leur sembler affreux actuellement est fait pour leur bien.

Les plantes ne trouvent plus de nutriments dans la vieille terre, le pot devenu trop petit ne leur permet plus de croître. J’ai beau savoir qu’elles seront mieux loties dans de nouveaux pots avec de la terre fraîche, je ne peux pas m’empêcher de me mettre à la place de ces fleurs. Je me dis que j’aurais du mal à ressentir de la joie si on me sortait sans ménagement de mon milieu habituel, qu’on faisait le vide autour de moi, que l’on me coupait des morceaux, que l’on m’amputait, et tout ça sans savoir pourquoi cela m’arrive.

Bien souvent, c’est de cette manière que nous vivons les changements dans notre vie. C’est d’abord la peur qui nous envahit quand le changement, telle une force extérieure, cherche à repousser nos limites, aussi réduites soient-elles.

J’eus le même sentiment il y a quelques semaines en regardant les feuilles des arbres tomber. Nous trouvons cela magnifique, mais que ressentirions-nous si nous étions les feuilles, qui doivent abandonner leur point d’attache et se laisser tomber dans le vide ? A quoi ferions-nous attention ? Aurions-nous autant de confiance que les feuilles qui tombent dans l’inconnu ?

Bien souvent le changement nous atteint de cette manière. Quelque chose se casse soudainement et l’on a beau lutter et se donner du mal, le processus est irréversible. Appeuré, nous plongeons dans l’inconnu, les yeux fermés. Une fois arrivé dans la nouvelle situation, nous pleurons encore un long moment l’état initial, ce qui est maintenant terminé.

Pourquoi avons-nous peur du changement ? Le cerveau humain est programmé de telle manière qu’il nous protège de l’inconnu. L’inconnu fait peur et peut cacher des dangers.

Sortir de notre zone de confort est délicat et fait peur. Si en revanche nous analysons cette peur comme le signe que nous avons atteint les limites de notre zone de confort, ce sentiment ne peut plus nous empêcher d’avancer.

Si nous prenons acte que ce sentiment n’est qu’un signe que notre cerveau nous envoie pour nous dire :”Attention, à partir de maintenant, nous sommes en terrain inconnu”, alors cette peur ne peut plus devenir un mur infranchissable.

Si vous voulez comprendre pourquoi vous ne réussissez pas à avancer dans un domaine de votre vie, ou pourquoi une situation se répète inlassablement, la réponse n’est pas à chercher ailleurs, elle est en vous.