Changement de point de vue, de point d’écoute ou de point sensoriel?

Le monde qui nous entoure est essentiellement orienté vers l’audio-visuel. Un flot de vidéos, de sons, à la télé, à la radio, sur internet ou en affiches géantes nous assaille chaque jour. Nous savons également qu’il y a des gens qui sont plutôt visuels, qui apprennent plus facilement ce qu’ils voient, dont les projets sont avant tout visualisés et qui parlent à base de “je le vois comme ça, toi comment le vois-tu ?”, etc.

Les mots sont dominants. Certaines personnes sont plus sensibles aux sons. Ces personnes prennent leurs décisions en écoutant leur voix intérieure. Ils sont plus réceptifs au ton de la voix des autres. Au-delà des mots utilisés, ils entendent les vibrations induites dans le ton de leur interlocuteur.

Et il y a les kinesthésiques, qui appréhendent la vie à travers leurs sensations corporelles. Ce sont eux qui se souviennent d’un événement ou d’un lieu car ils y avaient froid ou chaud, ils avaient faim ou étaient nerveux.

Plus nous utilisons facilement ces trois différents canaux, plus nous vivons d’expériences et plus nous sentons, voyons et entendons le monde qui nous entoure comme riche et coloré.

J’entends souvent la comparaison entre l’apprentissage des langues et le développement de la capacité à reconnaître les mots utilisés par notre interlocuteur et donc à adapter notre discours afin de rendre la communication plus efficace.

Mais j’aimerais maintenant plutôt insister sur l’importance de reconnaître notre mode d’apprentissage privilégié puis de comprendre comment et pourquoi nous ouvrir afin d’expérimenter le monde par d’autres vecteurs. Pourquoi est-ce bon pour moi si je ne fais pas que voir quelque chose, mais que je l’entends également ? Pourquoi est-ce positif si je ne fais pas que le voir et l’entendre, mais que je le ressens aussi ? Car cela m’enrichit, et que l’expérience en question devient plus forte que quand je ne l’appréhendais que d’un côté.

Il y a tellement de gens qui recherchent les sensations fortes, les nouvelles découvertes, et qui partent loin (au propre comme au figuré) pour trouver quelque chose de neuf et d’inspirant, qui les nourrissent et soit en mesure de redonner de la couleur aux images défraîchies. Le problème n’est pas que ces personnes recherchent quelque chose, mais plutôt qu’après un moment, cette recherche n’apporte plus les résultats escomptés. La solution qui fonctionnait au départ ne produit plus qu’un résultat éphémère et ne génère plus autant de joie.